Par système macroscopique, on entend ici un système consitué d'un très grand nombre de particules, typiquement de l'ordre du nombre d'Avogadro, pour lequel l'approximation continue est justifiée. Nous partons donc de (4.8) et rappelons que
. De plus, l'entropie microcanonique
est définie par
, d'où
. Ainsi:
Calculons d'abord la valeur la plus probable
de l'énergie: c'est la valeur de
pour laquelle
est maximale:
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(4.11) |
Pour un système macroscopique en situation canonique,
est atteinte chaque fois que sa température canonique est égale à la température du réservoir d'énergie avec lequel il est en contact.
Calculons enfin l'écart type de l'énergie: il s'agit de déterminer les fluctuations possibles de
autour de sa valeur la plus probable
. On développe pour cela la quantité
autour de
:
Mais d'après (4.10),
; par conséquent:
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|
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||
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On reconnaît immédiatement l'expression de la capacité thermique à volume constant
. On en déduit l'expression de la variance énergétique4.2:
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(4.13) |
L'amplitude relative des fluctuations de autour de
est alors déterminée par:
Mais
et de même
sont proportionnels à
si bien que:
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(4.14) |
Typiquement, est de l'ordre du nombre d'Avogadro:
est donc ridiculement petit devant
. Ainsi, tout se passe comme si la distribution statistique de l'énergie, gaussienne4.3 centrée sur
et d'écart type
, se comportait comme un pic de Dirac centré sur
. Pour notre système macroscopique en situation canonique, l'énergie ne peut prendre qu'une seule valeur: sa valeur la plus probable. De ce fait, on écrit que
: tout se passe comme si notre système macroscopique, pourtant étudié en situation canonique, était isolé et se comportait ainsi comme en situation microcanonique.
C'est ce qu'on appelle la limite thermodynamique: un système macroscopique atteint la limite thermodynamique quand les fluctuations de ses variables internes deviennent négligeables devant leur valeur moyenne. Il y alors équivalence entre les descriptions microcanonique et canonique. On considère généralement qu'un système atteint cette limite lorsque son nombre de particules dépasse
. Nous reviendrons sur cette notion dans la section suivante.